lundi 14 décembre 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy (2)

L'allaitement long pas seulement 




J'ai pris le temps de lire le livre d'Agnès Vigouroux que je vous présentais dans un article précédent.

Au départ, je dois dire que j'ai été un peu rebutée par le langage très psy justement des premières pages. Mais c'est finalement très finement qu'Agnès démonte une à une les "légendes urbaines" de nos psychologues / voisins / belle-mère préférés.

Elle y parle de Freud, et de sa vision de l'allaitement, vision très charnelle et qui pourrait être interprétée comme "mauvaise". Mais elle souligne aussi que dans certains de ses écrits Freud parlait de l'allaitement du bambin, quand ses dents poussent... l'allaitement du bambin et du jeune enfant était donc naturel pour Freud. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les biberons en étaient encore à leur balbutiements ...


Je suis très enthousiaste sur ce livre, car j'y ai aussi appris des choses sur la physiologie, comme l'âge du sevrage naturel - entendre physiologique - (par comparaison avec les autres peuples sur terre qui le pratiquent, ceux qui l'ont pratiqué par le passé, et les mammifères dans leur ensemble). Elle indique donc que le sevrage naturel se fait entre 5 et 7 ans, ce qui s'est passé finalement chez nous, du moins pour les deux aînés. Non négligeable également, j'ai appris que l'OMS avait produit en 2006 de nouvelles courbes de poids qui englobait les enfants allaités et faisait même d'eux "la référence santé" ! (petit message subliminal à tous ceux et toutes celles dont les enfants ne rentrent pas dans les courbes du carnet de santé français !!)

En lisant ce livre, j'ai aussi découvert quelque chose de stupéfiant qui me semble essentiel au sujet de l'accouchement. Et c'est finalement logique quand on y réfléchit avec le bon sens : lors des minutes qui suivent l'accouchement, il est coutume dans nos hôpitaux modernes de laver, peser, mesurer le bébé, voire même de le mettre 'au chaud' sous une lampe chauffante s'il est jugé avoir été un peu fatigué (!) par cette naissance. Rendez-vous compte à quel point on vole des instants précieux ! Non seulement le lien d'attachement est impulsé par les premiers moments passés avec ce petit être en peau à peau, mais la maman qui n'a pas son bébé sur son ventre à ce moment là va voir monter en elle le processus physiologique du deuil : en effet, pour un mamifère, si la maman n'a pas son bébé contre elle après l'accouchement, c'est qu'il est mort !! Il est donc suspecté que le baby blues, les problèmes d'attachement, le lien olfactif qui s'ensuit soit endommagés et qu'il faille ensuite un temps variable pour que le corps de la mère cesse d'être "physiologiquement en deuil" !!

Et puis il y a quelque chose d'important qui revient souvent dans ce livre : l'allaitement d'un enfant n'a rien à voir avec l'allaitement d'un nourrisson. Je souris en imaginant ma fille de 2 ans et demi téter tous les trois quarts d'heure comme elle le faisait à la naissance. Aujourd'hui elle tête souvent assise ou debout, ou en faisant des acrobaties d'ailleurs, seulement deux à trois fois par jour. Elle a mis en place ses petits rituels, moi aussi, ça n'a vraiment plus rien à voir. Je peux aussi lui refuser des tétées, lui demander d'attendre...

L'allaitement est une relation, il évolue au cours du temps. 
Je peux comprendre qu'on s'offusque si l'on imagine un grand de 5 ans téter comme un tout petit bébé... (à ce propos vous pouvez allez voir cet article sur la une du Times du 10 mai 2012)



Enfin Agnès assène un grand coup dans la fourmilière, en dénonçant le fait que selon la psychologie actuelle, si un enfant est laissé au sein, il reste bloqué dans ses apprentissages, et que ce serait grâce au sevrage que les parents le "pousseraient" d'un niveau d'apprentissage à l'autre. Comme si les enfants de 3 ans qui tètent encore ne pouvaient pas apprendre à marcher, à parler ou à manger seul !! Vu sous cet angle j'ai pu sentir à quel point cette idée était loin de la vérité physiologique des enfants.

Allaiter un enfant, ce n'est pas l'empêcher de grandir, c'est l'accompagner dans son autonomisation.

Alors oui, ce livre peut vous permettre d'avoir un belle assise quant aux demandes et aux questionnements de votre entourage. Il peut vous permettre d'avancer des arguments convainquants, construits et montrant que vous vous êtes penché sur la question.

Il faudra bien qu'il arrête quand même !


J'aimerais, pour finir, vous parler de la justification dont on fait justement notre bouclier protecteur, la plupart du temps, quand on a un mode de vie différent de notre entourage. Que cela soit pour l'allaitement, le mode éducatif, l'alimentation... tous ces sujets qui nous tiennent à coeur et qui éveillent des peurs et de la méfiance chez nos proches.

D'abord, est-on réellement entendu quand on commence une grande tirade du "mais-si-allaiter-c'est-bien-c'est-ce-qu'il-y-a-de-mieux-pour-mon-bébé-parce-que-le-lait-maternisé-c'est-du-lait-de-vache-c'est-pas-adapté" ?


Quand quelqu'un me pose une question qui me dérange :
- "Tu ne crois pas que ton fils est un peu efféminé parce que tu l'as allaité si longtemps ?"
- "Mais il faudra bien qu'il arrête un jour quand même, non ?!"
Voici le petit processus que j'ai mis en place : quand une remarque me chatouille, quand je sens la colère qui monte, ou la peur, quand je me dis "non mais quand même quel culot !", quand je n'ai qu'une envie c'est justement de déballer tout mon savoir pour faire taire l'autre, pour lui prouver que non je ne fais pas n'importe quoi, j'essaie de me taire.

Oui car la "normalité", les voies "naturelles", la "physiologie", c'est bien moi qui m'y suis penchée dessus, et qui en ait déduit un mode de vie que je pense être le plus "naturel" possible, avec les moyens qui sont actuellement à ma disposition. C'est bien moi qui suis normale, et c'est eux, ceux qui questionnent ma façon de faire, qui ne sont pas dans le "normal". Ils sont plutôt / souvent dans la sacro-sainte tradition, dans le "c'est comme ça qu'il faut faire / qu'on a toujours fait / que mes parents ont fait et je n'en suis pas mort", dans la reproduction passive sans questionnement.

Alors, plutôt que de me sentir attaquée, d'être sur la défensive, j'essaie d'être dans l'empathie, et je questionne à mon tour.
- "Ah bon, tu ne fais pas comme ça toi ?"
- "Tu penses qu'un enfant de 2 ans ne devrait pas téter ?"

J'enclenche le starter "Écoute active" et j'essaie de me connecter.
Je questionne et j'écoute, et je questionne encore jusqu'à ce que la personne en face, ce proche que j'aime, et qui probablement m'aime et me pose ses questions pour me faire part de son inquiétude somme toute légitime, déroule le fil de son argumentaire. Jusqu'au moment où, convaincue du bien fondé de sa peur, j'intègre sa remarque et je revois ma pratique, ou, la plupart du temps, au moment où il arrive à se contredire lui-même / exprime la peur qui se cache derrière et finalement l'amour qu'il a pour moi.

Ce n'est qu'arrivés à ce point, quand l'inquiétude est exprimée, quand l'argumentaire est épuisé, que je sors ma carte scientifique/physiologique/pratique pour le rasséréner. Et c'est d'ailleurs souvent les oreilles grandes ouvertes, puisqu'il a pu aller jusqu'au bout de sa réflexion et qu'il a été entendu, que mon auditeur reçoit le message et que la graine est (je l'espère) bien plantée.


Il ne s'agit pas de convaincre par la parole, mais par les actes. Donc souvenez-vous, quand on vous asticote sur les valeurs qui sont les vôtres, de poser à votre tour une question.

Nous n'avons pas à justifier nos pratiques ! Mais nous devons les partager pour les propager :-).

mardi 11 août 2015

Je ne m'appelle pas "Dépêche toi" !

J'ai beaucoup aimé cette courte vidéo. J'y ai senti beaucoup de vérité.


C'est souvent un problème à la maison : le respect des horaires. Mouvoir trois enfants à longueur de journée demande une énergie colossale. Notre famille a une grande inertie, nous avons beaucoup de mal à nous lancer.

Quand je regardais l'année passée les mamans et les papas sur le trottoir de l'école, je voyais souvent les parents tête baissée, à la limite du footing, avec leurs enfants en drapeau derrière.
Savez-vous que jusqu'à 7 ans, la moyenne de marche d'un enfant est de 1 à 3 km/h ? Et que notre marche d'adulte est en moyenne de 5 à 6 km/h ?

D'un autre côté, il est très difficile de sourire et de prendre tout son temps quand le petit dernier veut vraiment mettre ses chaussures tout seul alors que l'on est toujours à la maison et que la cloche de l'école sonne la rentrée en classe... cela demande beaucoup d'énergie je trouve de masquer ses émotions d'angoisse, d'urgence et de stress !

L'organisation du temps du matin a longtemps été matière à discussion à la maison. Voici quelques outils que nous avons utilisés et/ou utilisons encore.

- les checklists. Le principe est simple, les enfants doivent cocher chaque tâche accomplie et ne peuvent partir que quand toute la colonne est cochée.



- les alarmes. A la maison, le système qui fonctionne le mieux, c'est deux alarmes consécutives à 5 minutes d'écart, au moment de partir. Première sonnerie, on boucle les chaussures et les manteaux, deuxième sonnerie on monte dans la voiture. La deuxième alarme sonne 5 minutes avant l'heure théorique de départ, pour permettre à d'éventuels réveurs de s'habiller, ou de finir de se laver les dents sans s'attirer les foudres de leur mère. Et aux mères de revenir trois fois dans la maison chercher ce qu'elles ont oublié :-D

- le rappel de l'heure. A partir du moment où ils se réveillent, j'annonce "nous partons dans .. minutes".

- les conseils. Quand je vois un enfant tout nu pelotonné contre la cheminée sous une couverture 5 minutes avant la première sonnerie, je respire, je souris, et j'annonce : première sonnerie dans 5 minute, je te conseille de te laver les dents et de t'habiller, tu as juste le temps pour faire ces deux choses là, pas plus.

- les explications. "Quand nous partons en retard, non seulement nous devons sonner pour rentrer à l'école, non seulement vous dérangez la classe et votre institutrice (et à la limite cela reste leur problème), mais je suis moi aussi en retard ensuite à mon travail et je ne suis pas d'accord avec ça". A mon sens il est important de dire le pourquoi nous devons partir à l'heure, et de le répéter régulièrement.

- le respect. Personnellement, je ne supporte pas qu'on me dise quand me lever, quoi préparer, que je suis en retard, ou qu'on me donne des ordres. J'essaie d'éviter ces choses là à mes enfants. Simplement je rappelle régulièrement le temps restant, sans crier, et même parfois en chantant.

- la fermeté. Evidemment, mettre à la disposition des enfants des outils pour qu'ils s'autonomisent quand au respect des horaires ne fonctionne pas toujours, même si je suis fière du chemin parcouru. Donc, quand la deuxième sonnerie retentit et que l'un d'eux est toujours en pyjama, j'ai anticipé un tout petit peu, pris un sac, jeté des habits, des chaussettes, des chaussures dedans, jeté ce grand sac dans la voiture. Et là, ce n'est pas toujours facile de l'obliger à monter dans la voiture pied nu en pyjama, surtout quand il fait froid, surtout en souriant et en gardant mon calme. Mais la fermeté n'est pas la violence, donc j'essaie de le prendre dans mes bras avec tout l'amour dont je dispose à ce moment là, et de le poser dans son siège. A lui de jouer à présent pour s'habiller avant d'arriver à l'école, et sur ce point là ils n'ont jamais failli.

Le fait de s'être confronté une paire de fois à la conséquence de leur comportement leur a permis d'anticiper. Et à présent, il arrive environ une ou deux fois par an qu'ils mettent leur chaussures dans la voiture sans s'être lavés les dents. C'est, disons, une bonne piqûre de rappel sur ma détermination à partir à l'heure.

Je vous souhaite une belle rentrée :-) !




lundi 13 juillet 2015

Présent parfait


Ça prend tout un village pour élever un enfant.
(proverbe sénégalais)

Ma maman me raconte parfois son enfance. Elle habitait avec ses parents et ses grand-parents dans la même maison. Et tout à côté vivait son autre grand-mère, sa bonne-maman. Elle n'a pas été scolarisée avant ses 6 ans. Son père travaillait, sa mère aussi ou était occupée, ses grand-mères s'occupaient d'elle. Elle a des souvenirs tout doux de cette époque, elle en est très nostalgique. Tout le monde vivait au même endroit, les tontons et les tatas n'était pas loin. Les enfants étaient libres d'explorer et en même temps nourris par les nombreuses relations.

Mon papa, mes grands parents, mes arrières grand-parents, des arrières grand-tatas et une partie du village

C'était le modèle familial, il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, les parents sont seuls, loin de leurs propres parents, géographiquement et/ou philosophiquement. Même quand ils ne sont pas divorcés, les adultes sont souvent en minorité à la maison. Pour faire tourner le quotidien, pour donner les câlins, pour jouer et de manière générale pour répondre aux besoins des enfants.

On peut retrouver cet ancien modèle quand nous nous retrouvons entres amis, et que les enfants jouent ensemble. Ce n'est pas tellement qu'ils ont des copains avec qui jouer, mais plutôt qu'il y a toujours un des adultes pour répondre à leur besoin, soigner un bobo, donner un verre d'eau, faire un calin ou un jeu.

Un enfant a besoin d'attention exclusive régulièrement. Et d'attention en général très souvent. Mais les parents ne peuvent donner indéfiniment. Ils ont également besoin d'espace et de temps pour eux, pour continuer à se développer et pour pouvoir remplir leur réservoir affectif.

Les parents d'aujourd'hui s'épuisent à vouloir répondre à tous les besoins de leurs enfants, où tombent dans le système laxisme/autoritarisme. Les grand-parents se sentent isolés, délaissés.
Les modèles intergénérationnels, le passage des connaissances, s'amenuise, s'étiole.

Pour répondre à une partie de ces problématiques, une initiative originale a été mise en place à Seattle. Faire cohabiter une maison de retraite et une école maternelle... Je vous laisse la découvrir en vidéo.

 

mardi 23 juin 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy

Il y a quelques temps, Agnès m'invitait à participer à un témoignage sur l'allaitement long.
Ce que j'ai fait avec joie. L'allaitement et moi c'est une longue histoire, puisque depuis bientôt 10 ans, jour après jour, je nourris de mon lait de petites bouches affamées.



Et en 10 ans, j'en ai entendu sur l'allaitement ! Des réflexions, des consternations et beaucoup d'inquiétudes aussi, quant à ma santé, celle de mes enfants, leur santé mentale, leur "déviances probables" mais aussi leur capacité future à sortir du giron maternel.
Les réflexions les plus virulentes ont été faîtes par le corps médical. Qui voulait pour toutes sortes de raisons que j'arrête d'allaiter mes enfants. J'ai connu une psychologue qui m'a parlé de Freud et de cette relation trop fusionelle que j'entretenais avec mon aîné. J'ai même vu un médecin proche de la retraite me dire que "dévoiler ses seins en public était particulièrement indécent, surtout alors que mon fils allait avoir un an" (!)

Campagne pour l'allaitement en public

Car oui, plus l'enfant est vieux, plus il est difficile de l'allaiter en public.
A ce propos, j'ai aussi allaité aux États-Unis, sous un drap d'allaitement, comme il est coutume là-bas :



Toutes ces remarques et contraintes sociétales contribuent à l'arrêt de nombreux allaitements aujourd'hui. Pour l'avoir vu autour de moi, et l'avoir senti parfois, un allaitement contrarié, un sevrage trop précoce, pour la mère comme pour l'enfant, peut être lourdement préjudiciable pour la suite de leur relation. Car la femme peut perdre une partie de sa confiance en sa capacité à être mère.

Pour pouvoir faire face aux inquiétudes de mon entourage et aux petits soucis que l'on peut rencontrer lors d'un allaitement, pour répondre aux questions que j'avais, notamment sur le co-allaitement, je me suis tournée vers les nombreuses ressources existantes :

J'ai eu la chance de participer à des groupes de parole de femmes allaitantes, où nous nous apportions mutuellement du soutien. A Toulouse, nous avons la chance d'avoir une sage-femme conseillère en lactation, prête à nous recevoir au moindre problème : Régine Prieur.
Elle a d'ailleurs rédigé un livret sur l'allaitement : Travail et allaitement

J'ai également donné du lait au lactarium de Marmande, pour les enfants prématurés dont la maman ne peut, pour un temps, leur donner son propre lait. Une personne vient chercher les biberons remplis et congelés toutes les semaines directement chez les "donneuses".

J'ai recueilli mon lait sur mon lieu de travail, pour pouvoir le donner à l'assistante maternelle qui gardait ma progéniture. J'ai loué pour cela un tire-lait électrique, remboursé par la sécurité sociale, sur le site Grandir Nature : http://www.grandir-nature.com. Ce site est extrêmement bien fait, des conseillères compétentes vous répondent, le matériel a été testé et est adapté, et les envois sont fait rapidement.

Nous avons également la chance de pouvoir compter sur un réseau soutenant et gratuit, la Leche League, avec leur site fourmillant d'une documentation à jour et bien fournie : http://www.lllfrance.org.

Quand je regarde mes enfants aujourd'hui, je sais que je leur ai donné le meilleur. Je suis sure d'avoir fait le bon choix pour ma famille. C'est pourquoi je me réjouis de lire le livre d'Agnès Vigouroux.

Ce livre donnera aux mamans qui le souhaitent la force de conviction et la sécurité intérieure pour poursuivre leur allaitement, quelque soit le climat familial et médical dans lequel elles évoluent.


L'allaitement long expliqué à mon psy, Agnès Vigouroux

Un livre à s'offrir et à offrir autour de soi quand on allaite.

jeudi 18 juin 2015

Living School, une autre école

Aujourd'hui j'aimerais partager avec vous l'idée de Caroline Sost qui a créé Living School à Paris.
Une autre école, où l'enfant peut-être acteur du monde, où il peut sentir sa puissance et prendre confiance en ses capacités.

Voici la vidéo TED émouvante, où elle parle de ce projet génial :




vendredi 22 mai 2015

Vaccins



Une fois n'est pas coutume, je me permets de relayer le formidable appel à signer la pétition du professeur Henri Joyeux, cancérologue.

Au-delà des dissentions entre anti et pro-vaccination, voici une pétition pour dénoncer l'impasse dans laquelle les parents se retrouvent aujourd'hui face aux lobbies des labos pharmaceutiques.

Le professeur Henri Joyeux est un homme de bon sens. J'ai confiance en son discours.


Montrons au pouvoir public que les citoyens s'inquiètent de leur santé et de celle de leurs enfants, controns les lobbies pharmaceutiques.

Signons la pétition.


lundi 11 mai 2015

Et n'oublie pas d'être heureux


Le 5 mars dernier, j'ai eu la chance d'assister à une conférence sur la psychologie positive, animée par Christophe André*

Je vous en livre ici les grandes lignes, les aspects qui m'ont particulièrement plu, et des ressources pour mettre en application ces enseignements.

Les grands concepts de la psychologie positive : 

  • Elle est basée sur des travaux scientifiques
  • Elle se centre sur les "favorisants au bonheur"
  • Elle encourage le développement des comportements positifs
  • Tout être humain peut élever son niveau de bonheur. Au delà des tendance génétique à la positivité (50%) et des circonstances (10%), les activités volontaires représentent les 40% restants. 
  • Comme toute activité, elle nécessite un entraînement régulier.
  • Cet entraînement modifie, progressivement et à long terme, nos câblages neuronaux, et donc nos automatismes émotionnels et comportementaux
  • L'objectif est un équilibre émotionnel dans lequel les émotions "positives" sont plus fréquentes que les "négatives".
  • LE BONHEUR ET LE BIEN-ÊTRE SONT DÉPENDANTS DE NOS ACTIONS
La psychologie positive ce n'est pas :
  • Le développement personnel (basé sur l'effort et les stratégies, sans réelle validité scientifique, et centré sur les entraves)
  • La pensée positive (qui tourne le dos aux difficultés)

Comment être heureux ?

Alors, pourquoi ne parvient-on tout simplement pas à appliquer les grandes platitudes que les grands sages nous enseignent depuis des millénaires (profiter, vivre en paix, vivre l'instant présent, ...) ?

Les émotions sont physiologiques. Elles existent dans tout le règne animal.
Lorsqu'un animal est en danger, son corps se prépare à la fuite. Son acuité augmente, sa réactivité et sa capacité à fuir également.
Ceci est transposable à l'homme. Quand il se sent en danger / qu'il est déprimé, l'homme se focalise sur les détails. Il va donc se concentrer sur toutes les petites choses qui posent problèmes dans sa vie.

A l'opposé, quand nous sommes calmes et sereins, nous pouvons ouvrir notre horizon à la beauté du monde, notre champs de perception augmente et les détails négatifs sont noyés et disparaissent au profit de la sensation de plénitude.

En ce sens la pratique de la générosité et de l'altruisme augmentent les émotions positives en mettant en place un cercle vertueux : je donne aux autres (du temps, de l'argent, de l'écoute, ...) je me sens bien, donc je m'ouvre davantage et je vais pouvoir donner plus, etc.

A l'inverse, quand nous sommes déprimés / en souffrance, nous nous focalisons sur notre douleur. L'altruisme devient alors impossible.

Quand un enfant se sent agressé, blessé, il n'est pas rare de le voir courir chercher son doudou et lui faire un câlin. En bref : il se fait du bien.
Je crois que nous adultes, nous avons oublié comment nous faire du bien, c'est assez mal vue dans notre société.
C'est bien dommage car on vit plus longtemps quand on met en place des stratégies de réparation !
Le système immunitaire est protégé par les émotions positives, avec un effet positif aussi puissant que peut l'être le tabagisme en négatif, imaginez ! Cultiver son bonheur, c'est rester en bonne santé.

Quelle est la recette du bonheur ?

Il ne s'agit pas d'être béat de bonheur en permanence, mais d'équilibrer nos émotions positives et négatives. Pour cela concentrons nous sur notre journée.
  • Un être humain "normal" va ressentir une proportion de 3/4 d'émotions positives pour 1/4 de négatives.
  • Un anxieux aura moitié émotions positives moitié émotions négatives
  • Un dépressif aura 3/4 d'émotions négatives.

Quel est le chemin vers le bonheur ?

  • Être heureux quand tout va bien (ne pas gâcher l'instant présent)
  • Essayer d'être heureux quand il ne se passe rien dans notre vie
  • Essayer d'être heureux dans l'adversité
Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie - Paul Claudel

Quelle est l'équation du bonheur :

Le bien-être est une notion animale. Le bonheur c'est un peu plus.
BONHEUR = BIEN-ÊTRE + CONSCIENCE
Nous pouvons agir sur le paramètre conscience. Nous pouvons d'une part augmenter le nombre de moments agréables, mais nous pouvons aussi prendre conscience que de tout petits moments de notre journée sont agréables pour nous, nous pouvons nous en réjouir, en profiter, nous y prélasser tranquillement.
Nous pouvons nous endormir en pensant à trois choses positives de notre journée, et les revivre dans notre corps. Comme un muscle à travailler quotidiennement.
Nous pouvons renforcer le sentiment de bonheur par le mécanisme de gratitude (sentiment de dette joyeuse).
Enfin, nous pouvons profiter des moments d'attente (chez le médecin par exemple) pour ne rien faire, sentir la salle d'attente autour de soi, le contact de la chaise, notre état intérieur.

Quels sont les freins au bonheur ?

Le premier c'est les écrans. C'est un temps retiré à la famille et à soi, à la contemplation.
L'imagerie neuronale nous indique que des zones du cerveau sont activées quand on ne fait strictement rien. Or, dans notre société, c'est extrêmement rare, nous sommes en permanence sollicité par nos mails, sms, coups de téléphones etc.
Prendre un temps pour méditer, contempler, ne rien faire, c'est laisser ces zones s'activer, s'ouvrir à l'introspection et à la créativité.
Le second, c'est la rumination. Si pendant ces temps d'inaction, nous en "profitons" pour ruminer les évènements négatifs, alors nous traçons des "autoroute neuronaux" et nous renforçons encore et encore notre déprime.

Et les enfants dans tout ça ?

Oui vous allez me dire, c'est bien joli, mais que vient faire cet article sur ce blog ? Et bien, au delà du fait que les enfants ont besoin de parents épanouis, je crois que nous pouvons retirer de cet enseignement quelque chose à transmettre à nos enfants pour les autonomiser davantage.

Nous n'apprenons pas à favoriser les comportements qui nous font du bien à l'école. Les émotions sont totalement absentes du programme éducatif alors que cela me semble être incontournable !

Christophe André est confiant en disant en fin de conférence que la psychologie positive est minoritaire pour l'instant mais qu'elle est en passe d'être intégrée à la psychologie générale et donc aux grandes institutions.

Alors, en attendant, peut-être qu'en tant que parents, nous pouvons transmettre des choses simples à nos enfants. Par exemple, le plaisir de donner à autrui, le plaisir de passer du temps avec eux sans rien attendre en retour.
Nommer nos propres émotions, les leurs. Passer des moments inoccupés. Ne pas chercher à les occuper à tout prix. Leur apprendre à s'ennuyer.

Dans le même registre, nous pratiquons à la maison "la ronde des mercis".
A la demande d'un membre de la famille, nous nous mettons en cercle en nous tenant la main et tour à tour, nous remercions quelqu'un ou quelque chose pour un moment agréable de la journée. Par exemple "Je remercie le soleil pour cette belle journée", "Je remercie A pour son câlin ce matin qui m'a remplie de bonheur" "Je remercie Papa d'avoir préparé un si bon repas ce soir", etc...
Attention, la ronde des mercis, ce n'est pas la ronde des "désolée pour" ou des "oui mais". On remercie, personne ne fait de commentaire, pas de jugement. On écoute, on reçoit et on profite !!

J'ai retrouvé ce concept dans un trés beau livre pour enfant écrit par Catherine Dumonteil-Kremer, trés accessible : Agathe et les petits bonheurs.

Je vous propose également la lecture du livre "Calme et attentif comme une grenouille" qui propose des méditations guidées (sur un CD) pour les tout petits jusqu'à très grand. Beaucoup de succès à la maison. Au moment de dormir c'est encore mieux.

Dans un registre différent, le livre de Catherine Dumonteil-Kremer "Jouons ensemble autrement" regorge d'idées de jeu pour se reconnecter à la famille, passer du temps ensemble et jouir des petits moments merveilleux que nous offre la vie.

Et enfin, pour vous adulte, un bouquin que je n'ai pas encore lu, mais qu'il faut absolument que je mette dans ma toread-list, "Bien dans sa cuisine" d'Isabelle Filliozat. Un hymne à la méditation et à la pleine conscience en cuisinant. (Juliane, si tu lis ces lignes, pense à moi :-))



L'impact de ces petits moments est non négligeable. Non seulement à l'instant présent mais pour la vie future de notre progéniture.
Quand un enfant connaît ses émotions, sait les gérer et sait se faire du bien, alors il acquiert une stabilité inébranlable. Il devient solide face aux tempêtes de la vie et profite de ce qui lui est offert.

Il devient acteur de son bonheur, tout simplement.

Et il vit plus longtemps et en meilleure santé ! Nous avons donc tout à gagner à prendre soin de nos petits moments de bonheur et à leur apprendre à faire de même.

Au delà de la personne, favoriser les comportements positifs et le bien-être des hommes, c'est étayer l'humanité, la lier, lui permettre d'évoluer vers des lendemains plus pacifistes et joyeux.

Soit le changement que tu veux voir dans le monde - Gandhi


* Pour mémoire, Christophe André est l'auteur du livre "Imparfaits, libres et heureux" dont je vous ai parlé dans un article précédent

jeudi 9 avril 2015

Loba

C'est avec un plaisir non dissimulé que je vous présente un film sorti hier, le jour de la Sainte Julie - ce n'est quand même pas anodin :-D ! - et qui parle de l'accouchement naturel.
J'ai cette immense joie car, dans la bande annonce, vous pourrez voir un extrait du témoignage de Fabienne Stock, sage femme qui exerce sur Toulouse et qui m'a accompagné pour la naissance de mes deux derniers enfants, nés à la maternité et suivis à la maison ensuite.

Loba ("Louve" en français) montre comment l’accouchement se pratique aujourd’hui, comment il est vécu, et comment nous mettons au monde nos enfants.

Voici également la fiche du film sur le site de l'Utopia.



Belle visualisation à tous !


mardi 7 avril 2015

Sois sage... (3)

Nous avons vu dans un article précédent les différentes formes de violences. Puis je vous ai parlé des résultats et des conséquences de la violence pédagogique.

J'aimerais maintenant que nous parlions des raisons qui parfois nous poussent à utiliser cette violence à l'encontre de nos enfants :
Pourquoi sommes-nous violents avec notre enfant ?
A mon avis c'est la plupart du temps lié à la peur.
Je vous propose quelques pistes ci-dessous. Lorsque nous sommes violents avec un enfant, il est possible que ce soit :

Pour le redresser

Diablotin
Parce que depuis longtemps, on nous dit que les enfants sont des voyous, des vauriens. Ils naissent déjà machiavéliques, faisant caprices sur caprices, tentant de nous manipuler, essayant toujours de tirer la couverture à eux. L'enfant est vécu comme mauvais. Quand on a peur de ce qu'est l'enfant, on imagine que le rôle des parents est de le détruire pour ensuite le reconstruire à l'image d'un "bon" enfant, un enfant sage.

Aujourd'hui pourtant, on sait que la nature de l'enfant est profondément bonne. Les enfants naissent avec un sens aigu de la justice, une empathie énorme. Vers 2 ans, les enfants s'inquiètent quand quelqu'un pleure ou est triste autour d'eux. Ils commentent longuement les pages des livres où un enfant tombe, ils font des bisous au livre pour consoler le bébé qui pleure.
Plus grand, quand on les laisse libre d'exprimer leurs émotions, ils viennent chercher le parents pour qu'il s'occupe du bébé qui pleure, le bébé a besoin de sa maman. Ça, les enfants le comprennent mieux que nous !

C'est la coercition dont ils sont la cible, qui petit à petit les transforment, pour nous faire dire, à l'âge du primaire que "les enfants sont méchants entre eux" quand on parle de la dureté de leur relation à l'école.

Les neurosciences nous apprennent que leur système émotionnel se construit jusqu'à l'âge de 25 ans. Il est donc normal qu'un enfant par exemple de moins de 7 ans n'ait pas -ou peu- d'inhibition (capacité à restreindre son comportement dans une situation donnée) ou qu'il ne puisse pas adapter son langage en fonction de son interlocuteur. Il n'est simplement pas équipé pour !
Quand un besoin se fait sentir, ou que son corps lui signale que quelque chose ne va pas (envie d'uriner, faim, froid mais aussi besoin d'attention, besoin d'évacuer une tension, etc), il va se rapprocher du parent et attirer son attention sans savoir exactement pourquoi il fait ça. Mais il y a quelque chose d'impérieux qui le pousse à grimper sur les genoux de son père qui veut lire tranquillement, ou à tirer sur la manche de sa mère sans cesse. Le message est "Quelque chose m'alerte en moi, j'ai besoin de toi pour élucider ça".

Pour se faire respecter

Pour asseoir son autorité, il est d'usage de se "faire respecter", comprendre "être violent oralement ou physiquement avec ses enfants pour qu'ils ne nous débordent pas". Cette expression a la même connotation que "ne pas se laisser marcher sur les pieds".

C'est bien connu, vous faîtes de même avec vos amis, vous les punissez, les giflez et leur donnez la fessée ou les humiliez quand ils renversent un verre par maladresse alors que vous les aviez gentiment invités à l'apéro. Bien sur, car sinon ils ne vous respecteraient pas !


Cette confusion est courante. Nous avons peur que nos enfants ne nous respecte pas, et nous avons l'impression qu'en leur imposant ce respect il sera acquis pour toujours. Pourtant, se faire respecter, et donc "être respectable" est une action qui vient par nous et pour nous. Et non dans la coercition d'une dictature du respect.

Apprendre à son enfant à respecter l'autre, c'est être soi-même respectueux. Lui montrer justement comment on ne lui prend pas ce qu'il tient dans la main, comment on ne le touche pas quand il ne veut pas, qu'on ne le tape pas et que rien ne peut justifier la violence, la moquerie, etc. Et la meilleure démonstration que l'on puisse en faire, c'est bien par l'exemple !

Pour être un bon parent


Que vont penser les autres du comportement de mes enfants ? Dans la société actuelle, l'image de soi est devenue primordiale. On s'achète les derniers vêtements à la mode, on a le dernier IPhone, la dernière voiture haut de gamme, pour paraître. La parentalité ne sort pas de ce contexte finalement et nos enfants finissent par être notre "vitrine" de parent. Quand nous sommes de sortie, c'est sur leurs frêles épaules que repose l'image que nous avons l'impression de diffuser autour de nous.

Nous avons même décidé qu'il serait pilote d'avion ou président de la république, car cela a toujours été notre rêve a nous...

Si nous ne "tenons" pas nos enfants en public, nous avons peur de véhiculer l'image de mauvais parents. Or, les expériences en la matière montrent que la plupart des gens qui vous regardent pendant que votre petit dernier se roule par terre à la caisse du supermarché n'ont pas d'exigence particulière à votre égard. Et il parait que certains se disent, en pensant à vous, "la/le pauvre !". Et d'autres se demandent même comment ils pourraient vous aider ! Posez-vous la question : comment réagissez-vous quand vous voyez un enfant hurler dans un lieu public ?

Nous sommes responsables de la sécurité et de la protection de nos enfants. Mais pas de l'image qu'ils véhiculent. Nous ne sommes pas nos enfants.

Pour lui donner des limites


Il y a actuellement un courant de pensée assez fort qui dit qu'un enfant ne peut se développer qu'en rencontrant des limites. Et que si nous ne donnions pas de limites à nos enfants, il serait perdus, instables, et mettraient en route des stratégies pour aller rencontrer les limites de leur cadre. Encore une histoire de peur. D'après mes recherches, c'est vrai et c'est faux. Je laisse Isabelle Filliozat vous expliquer cela, elle le dit tellement bien !
Autrement dit, les seules limites qu'un enfant doit rencontrer, ce sont celles des autres. Inutile de lui fixer des limites supplémentaires pour qu'il se sente bien, par contre il serait intéressant d'indiquer clairement vos propres limites, et pour cela, de bien les connaître. Quelles sont vos limites ? Les respectez-vous ? Les faîtes vous respecter ? Respectez-vous les limites de vos enfants vous-même ?

Parce que ça ne nous a pas tué

«Donner une petite tape de temps en temps à sa femme n’est pas dramatique. La plupart du temps, on ne fait pas exprès, c’est sous le coup de la colère, d’une bravade de sa part. L’important est de ne pas frapper trop fort, et que cela ne devienne pas systématique
Cette phrase semblera choquante dans notre société actuelle. Et pourtant, remplacez le mot femme par enfant, et c'est une phrase que vous auriez pu entendre à la sortie de l'école.

La banalisation des actes de violences est un acte grave. Il nous permet de nous auto-justifier d'actes que souvent nous sentons en notre fort intérieur comme injustes. 

Cet exemple est tiré d'une interview d'Olivier Maurel dans libération, dans un article de la semaine dernière. Je vous invite à le lire en intégralité ici. J'en profite pour remercier Patricia de me l'avoir transmis !

Nous avons ce sentiment, renforcé par un fameux proverbe, que "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Hors, c'est faux (voir dernier paragraphe de l'article précédent) et c'est même prouvé par la science.

Imaginons que vous ayez acheté un cerisier, en pot. Un arbrisseau encore. Iriez-vous le planter au fond du jardin en décembre, exposé aux intempéries sous prétexte que ça le rendra plus fort ? Non bien sur, vous le garderiez bien au chaud, vous amenderiez sa terre, vous l'arroseriez régulièrement. Et si votre bel arbre montrait quelques feuilles jaunies, cessait de croître ou tout autre problème, vous n'auriez pas l'idée de vous en prendre à lui en disant que décidément il le fait exprès ! Non, vous le déplaceriez ou changeriez vos habitudes avec lui. Vous vous diriez que l'environnement n'est sûrement pas propice à son épanouissement.
Et lorsque votre arbre aurait suffisamment grandit et serait devenu suffisamment fort, alors vous le planteriez dans le jardin, dans un endroit propice, à un moment propice, pour qu'il continue de se développer harmonieusement, qu'il devienne beau à regarder et qu'éventuellement il vous donne de beaux fruits. Alors il sera capable d'affronter les intempéries, parce qu'il aura pu grandir dans un milieu favorable.


Pourquoi alors avoir des attentes différentes avec les enfants ? Par quel biais l'homme a t-il imaginé être différent de la nature dans laquelle il a évolué depuis des millénaires ?

La banalisation est aussi un moyen de justifier les actes de nos parents. J'entends souvent comme argument : "Une petite claque de temps en temps, ça ne fait pas de mal, ça remet les idées en place. Et puis moi, ça ne m'a pas tué !".
Certains sous-entendent même que c'est leur faute, qu'ils étaient des enfants difficiles, qu'ils l'avaient bien mérité...

Lorsqu'un enfant reçoit de la violence de la part de ses parents, il va mettre un voile dessus, car il est absolument et complètement dépendant d'eux, au moins jusqu'à l'adolescence. Comme les parents ne peuvent être responsables de cette violence (sinon l'enfant se rebellerait voire tenterait de s'éloigner d'eux alors qu'il ne peut pas) alors c'est bien lui qui en est la source et il s'attribue la faute. Puisque les parents me montrent que je suis un mauvais enfant, alors c'est que je le suis. Les parents ont toujours raison.

Bien des psychothérapeutes vous diront combien il est difficile pour un adulte de reconnaître que les traitements infligés par ses parents, quels qu'ils soient, ont été déplacés, violents, humiliants voire handicapants dans leur vie d'adulte.
Et pourtant, reconnaître cette violence reçue, ce n'est ni accuser ni pardonner à ses parents. Mais c'est bel et bien se donner la possibilité de ne plus reproduire avec ses propres enfants ces comportements blessants.

Pour ne pas en faire un enfant roi 


Encore une belle (?) illusion que celle d'imaginer qu'un enfant n'ayant pas reçu de violence serait -ou sera- un enfant roi. Cela rejoint l'idée d'un enfant mauvais dès sa naissance (voire même avant, dans le ventre de sa mère !), mais aussi l'idée de limites.
Au delà de ça, il y a ce sentiment parfois que les parents qui ne corrigent pas leurs enfants (le terme est révélateur) sont laxistes. Et quand on est assailli par une bouffée d'autoritarisme, souvent c'est parce que tout à coup on a peur d'être laxiste.

Il y a une différence certaine entre être autoritaire et être autoritariste. Je vous laisse lire à ce sujet cet article qui explique parfaitement cette différence d'après moi. 
Faire de l'autoritarisme, c'est être méfiant, liberticide et destructeur, c'est se grandir soi.
Être autoritaire est basé sur la confiance, sur le respect de soi et des autres. C'est faire grandir l'autre. 
Parfois, les parents sont pris dans un schéma qui se répète inlassablement : après avoir été "dur" avec son enfant, le parent se culpabilise, se radoucit, et libère son enfant des contraintes. Au bout d'un moment, voyant son enfant aller de plus en plus avant, enfreignant les règles, le parents ronge son frein, prend peur, puis se ravise et se met à hurler tout à coup, punissant, envoyant dans sa chambre un enfant désorienté.
C'est le cercle vicieux laxisme / autoritarisme qui s'installe. L'enfant ne sait plus quel parent il va avoir face à lui. Il ne sait plus quelles sont les règles, ni ce qu'il a ou non la possibilité de faire. L'environnement de l'enfant devient instable, il perd confiance en son parent. Ce schéma est éprouvant pour toute la famille et il faut absolument en sortir.

Par pulsion / épuisement 

Oui mais voilà, en sortir n'est pas si simple. Et même parfois être bienveillant est impossible. Parce qu'on en peut plus, parce ce qu'on a d'autres soucis, parce que la petite dernière ne dort pas et nous réveille toutes les deux heures...

Parfois les enfants sont juste insupportables, on a envie de partir très loin, de ne plus les entendre ni les voir, parce que tout ce qu'ils font nous donne envie de les jeter par la fenêtre. (Comment ça ça sent le vécu ?)

A mon avis, l'épuisement est une des causes majeures de la violence parentale. Simplement parce que nos rythmes de vie ne sont pas adaptés à notre physiologie, parce que les parents sont seuls à élever leurs enfants à présent, qu'ils travaillent tous les deux toute la semaine, et que le soir vite vite il leur tarde que les enfants soient couchés pour pouvoir se retrouver un peu en couple.
De l'autre côté, les enfants passent de longues journées à l'école ou au centre, sont dans le bruit, la discipline toute la journée et le soir quand ils rentrent ils ont envie de jouer (et pas de faire leur devoir) de se détendre et de passer du bon temps avec leurs parents.
Dès lors que les besoins sont antinomiques on peut imaginer à quel point l'ambiance peut-être électrique tous les soirs de la semaine. Quand au matin, n'en parlons pas, nous sommes dans le comble de l'anti-physiologique.

Quand on ne parvient plus à réfléchir à force d'épuisement, comment peut-on imaginer pouvoir être bienveillant avec son entourage ?

Je vous propose comme illustration le témoignage d'une maman bienveillante à ce sujet.

Par impuissance 

Et puis parfois aussi, nous ne savons tout simplement pas comment faire autrement. Parce que le seul modèle que nous avons reçu, c'est la violence éducative, ou tout au contraire, parce que nos parents étaient dans le laxisme et que nous nous sommes jurés de ne pas faire comme eux.
Quand nos propres besoins entrent en concurrence avec ceux de nos enfants, quand le combat s'engage entre eux et nous et que nous devons gagner. Alors nous retournons à nos anciens schémas de pensées et nous crions, punissons voire frappons.

A suivre ...

Si tel est votre cas, si vous avez envie de changer l'ambiance familiale, je vous invite vivement à lire mon prochain article, dans lequel nous verrons que OUI c'est possible de faire autrement, et de comment faire, quels outils, quels livres, quels ateliers, quels auteurs...

vendredi 27 mars 2015

Amour et Châtiments

La violence éducative ordinaire dénoncée par Michel Meignant, dans un film dont voici la bande annonce :



Selon lui, la violence éducative ordinaire est la source du malheur de l'humanité.
Si on abolit la violence éducative ordinaire (fessée, cri, autres violences physiques et psychiques) on diminuera la délinquance, violence, et les risques de massacre.

Ce film est sorti en 2011.

lundi 16 mars 2015

Le système éducatif français selon Albert Dupontel

J'aime beaucoup Dupontel. Pas tout, pas toujours, mais j'ai souvent beaucoup de plaisir à écouter ses sketchs.
Lorsque je l'ai entendu dans cette vidéo datant de 2013, je me suis dit qu'enfin quelqu'un mettait des mots simples et limpides sur les sentiments troubles que je ressentais parfois quand je voyais mes enfants rentrer de l'école.

"Tout est fait pour que l'individu ne se rencontre pas dans une vie. (...). Si jamais il se rencontre, il devient ingérable (...). il développe un sens critique."

Je vous laisse en compagnie de ce cancre génial, Albert Dupontel :

lundi 9 mars 2015

Sois sage... (2)


Dans cet article, je vous parlais des différentes formes de violence. D'abord la maltraitance, puis la violence qui ne laisse pas de trace, celle qui passe par les gestes mais aussi souvent par les mots.
C'est cette dernière que l'on appelle "Violence éducative" car les parents en font un outil éducatif.

Cette manière d'éduquer les enfants provient peut-être du fait que, pendant longtemps, les humains ont vu leurs petits soit équivalents à "une page blanche" sur laquelle tout restait à inscrire, soit comme de vilain petit diablotin, manipulateurs, capricieux, qui voulaient marcher sur la tête de leur parents et qu'il fallait absolument redresser.

Qu'en est-il des résultats d'une éducation qui "redresse" l'enfant, qui le contraint d'entrer dans un moule et d'adopter des attitudes "pour son bien", une éducation coercitive ?
Quels sont les résultats d'une éducation violente ?

A court terme :

Quand un parent lève la main sur un enfant, qu'obtient-il ?
La plupart du temps, un mouvement de recul (si cela c'est déjà produit), un bras levé en guise de protection. L'enfant ne déguerpi que rarement. La plupart du temps, il laisse le coup tomber.
C'est la peur qui le tient, la sidération aussi, peut-être la surprise. Ensuite vient la tétanie. L'incapacité à se rebeller contre ce geste car il vient de ses parents, des personnes dont il dépend complêtement. Il ne peut pas fuir.
Ensuite vient la douleur, physique ou morale dans le cas d'un hurlement, d'une punition ou d'une humiliation. Puis les pleurs et peut-être la colère.
Ensuite vient éventuellement la soumission,

A moyen terme :

J'ai vu le week-end passé le film "Papa ou maman". On y voit le papa "jouer" au paintball avec son fils, le toucher, le faire tomber, puis à bout portant lui tirer à plusieurs reprise dans les jambes. Le soir la mère voit les bleus sur les jambes de son fils et lui demande "Mais il l'a fait exprès ?" et le fils de répondre "Euh non, j'crois pas".
Laurent Laffite Papa violentenfant maltraité 

Bien sur ce n'est qu'un film... mais parfois la réalité est bien pire que la fiction.


L'enfant va nier la violence reçue, et cela pendant plusieurs dizaines d'années, parce qu'il est entièrement dépendant de ses parents et donc, s'il reçoit cette violence, c'est qu'il l'a entièrement méritée. Ce sentiment est bien renforcé par la parole du parent :
  • "Tu verras quand tu auras des enfants tu comprendras"
  • "C'est pour ton bien que je fais ça"
  • "Ca me fait plus de mal qu'à toi"
Cela va également renforcer le sentiment que l'enfant est mauvais, méchant, qu'il doit être "redressé" par ses parents. Et puis comme les parents ne mentent jamais puisqu'ils dénoncent le mensonge comme étant mal, l'enfant va croire ses parents, il va croire qu'il est foncièrement méchant / maladroit / insupportable / égoiste / etc.
Par la suite, il pourra avoir tendance à se conformer à cette image qu'il lui est suggérée et la valider par ses actes.

Dans le film "BIS" sorti il n'y a pas longtemps non plus, on voit Gerard Darmon dire à son fils interprêté par Franck Dubosc qu'il est fier de lui. Franck retorque alors "Mais tu dis toujours que je suis un bon-à-rien" et son père dit quelque chose comme "mais non, ça ne veut rien dire, je suis fier de toi". Quelques instants après, le fils annonce qu'il a loupé son bac, et le père de répondre "Bon-à-rien, t'es vraiment qu'un bon-à-rien !". J'ai beaucoup aimé ce film, où l'on perçoit d'après moi de manière assez nette la façon particulière dont nous nous adressons à nos enfants, car les enfants sont joués par des adultes (Franck Dubosc et Kad Merad) mais vu comme de jeunes adolescents par le reste du monde.
Dubosc face à Darmon

C'est assez choquant de les voir se faire punir, giffler, sermoner, juger. D'ailleurs, la plupart du temps, leur réaction est souvent celle d'adultes indépendants : Ils vont justement réagir (bien plus fort que des ados), se mettre en colère, revendiquer leur autonomie. C'est ce décalage qui constitue le ressort humoriste de ce film.
Par ailleurs, Franck Dubosc devenu adulte valide l'étiquetage ("bon-à-rien") posé par son père...

L'enfant va donc se soumettre mais cependant, pour éviter les punitions, les coups, les injures et les hurlements à l'avenir, il va mettre en place des techniques d'évitement, mentir et surtout se promettre de ne plus se faire reprendre la main dans le sac !
En réalité, il y a bien un apprentissage lié à la violence, c'est l'apprentissage de l'évitement.
Il peut aussi, tout au contraire, se juger méchant et penser que les punitions des parents ne sont pas suffisantes. Il va donc s'auto-punir, voire se mutiler. 

A long terme :

L'adolescent n'a plus peur de ses parents, il a acquis de la force et bien souvent les dépasse en taille : il devient incontrôlable. Nous pouvons l'entendre chaque jour dans les actualités. Il perd confiance en ses parents, il se rend compte qu'ils lui mentent parfois, il ne croit plus aux valeurs des adultes autour de lui et peut aller chercher ailleurs d'autres règles du jeu.
A son tour, il sera plus ou moins violent avec ses enfants, mais aussi avec sa femme / ses amis / son entourage, sans jamais se sentir comme tel. 

Pour conclure sur les résultats, je dirais que les enfants font ce qu'on leur montre, et pas ce qu'on leur dit :

Quelles sont les conséquences d'une éducation violente ?

Les conséquences physiologiques

Nous l'avons vu tout à l'heure, pour contraindre l'enfant, le parent utilise sa supériorité (physique ou mentale). Cela engendre en premier lieu la peur chez l'enfant.
Physiologiquement à quoi sert la peur ? Quand l'affrontement est impossible, que le danger est important, la peur permet à tout mammifère de se protéger contre un danger (réel ou imaginé). Le coeur se met à battre plus vite et le sang descend dans les jambes pour préparer la fuite. L'accuité devient plus forte, le temps s'écoule au ralenti.
S'il ne peut fuir, l'animal peut soit combattre, soit se figer, pour ne pas se faire repérer.

Lorsque aucune de ces solutions n'est possible et que le danger est imminent, le cerveau piège l'information dans le "cerveau des émotions" et coupe la mémoire. On peut alors parler de traumatisme quand des souvenirs enfouis de manière innaccessible donnent lieu à des phobies. C'est une conséquence physiologique de la maltraitance.

Ci-dessous une vidéo indiquant de manière synthétique le fonctionnement du cerveau lorsque c'est la colère qui nous submerge :


Les sciences neurologiques font actuellement des pas de géant et confirment beaucoup de choses sur le fonctionnement du cerveau de l'enfant.

Dans sa conférence sur la colère, Brigitte Oriol va plus loin en indiquant que les conséquences physiologiques de la violence éducative ordinaire peuvent être également :
  • l'obésité 
  • la toxicomanie 
  • l'alcoolisme 
  • les troubles du comportement 
  • les cancers
  • la baisse des défenses immunitaires
  • l'asthme

Les conséquences psychologiques

Les conséquences de la violence éducative ne sont pas que physiologiques. Elle laisse des traces dans le psychisme des adultes en devenir.
Par exemple, quand on nie systématiquement les sentiments et les émotions de l'enfant, il finit par ne plus en tenir compte. "Mais non tu n'as pas mal, c'est rien". "Arrête de pleurer comme une fillette, tu es un homme ou quoi ?" "Mais non c'est rien mon chéri, le monsieur est gentil tu vois, n'ais pas peur."
Que se passe t-il quand on ne tient plus compte de ses propres sentiments ? On ne peut plus se fier à son instinct et donc détecter un danger. Un adulte veut vous toucher, vous amener chez lui, vous offrir des bonbons. Quand on a appris à enfouir ses émotions au plus profond de soi, il y a de quoi se sentir déboussolé, voire faire confiance à cet adulte.

Un petit garçon tape sa soeur. La maman arrive et lui donne une tape sur la main : "Arrête de taper ta soeur !". Quel apprentissage peut-il tirer de cette incohérence ? Que les adultes ont le droit de frapper, pas les enfants ? Si les parents maintiennent cette incohérence tout au long de son enfance, comment réagira t-il lorsqu'il se fera racketer par des plus vieux que lui à l'école ensuite ? Sentira t-il qu'il est en droit d'être en colère ? Que c'est injuste ce qui lui arrive ?

Pour Alice Miller, encore une fois, les conséquences de la pédagogie noire vont bien au-delà :
  • dépression
  • suicide
  • délinquance
  • stress post traumatique
Sur ce dernier point, oui oui vous avez bien lu, une étude a rapporté que certains enfants ayant subi une violence forte présentaient des troubles correspondants à un stress post-traumatique, comme certains soldats ont pu en présenter de retour chez eux après une guerre. Vous pouvez par exemple consulter sur ce point ce document de l'Ovéo dont voici un extrait :
On se méprend beaucoup sur la notion de traumatisme, qu'on assimile à tort à un événement horrifique et exceptionnel. [...] Il y a aussi la foule des malheurs ordinaires inhérents à la condition humaine. S'ils ont été vécus dans un sentiment d'impuissance et de désespoir, ils peuvent eux aussi laisser une cicatrice douloureuse longtemps après les faits. Tous ceux qui ont eu des parents violents, vécu une relation pénible, la mort d'un ami ou même un accident le savent bien. Ils ne présenteront pas forcément tous les symptômes de l'Etat de Stress PostTraumatique » mais « nos recherches nous montrent qu'à un degré moindre de très nombreuses personnes portent la trace du trauma dans leur corps
(à suivre...)

Dans un prochain article, nous verrons pourquoi nous sommes violents avec nos enfants. Et bien sûr, nous verrons ensuite comment faire autrement...

lundi 23 février 2015

Sois sage... (1)


Souvent, dans notre langage courant, nous utilisons cette expression pour désigner en réalité un enfant obéissant

Si je prends la définition du mot ‘sage’ du Larousse en ligne :

Sage : adjectif 1. Qui fait preuve de sûreté dans ses jugements et sa conduite : Avoir la réputation d'un homme sage. 2. Qui se comporte avec calme, docilité : Un enfant sage.

La question se pose : Un enfant sage (docile) devient-il un homme sage (pourvu de sagesse) ?

Et pour commencer à répondre à cette question, je vous en pose une autre : 

Mais qu’est-ce que je veux exactement pour mon enfant ?

A mon avis, il y a deux façon de répondre à cette question :

Réponse A : Qu’il soit facile à vivre, poli, beau, intelligent, calme, silencieux, rapide à exécuter mes ordres, aidant au quotidien, rapidement mature et qu’il quitte rapidement la maison avec un métier pour subvenir à ses besoins. (Et en option qu’il rende malade de jalousie nos voisins et nos amis).



Réponse B : Qu’il sache entrer et être en relation avec les autres, suivre son instinct, s’exprimer avec affection, réagir sans disproportion, dominer sa colère, avoir du bon sens, trouver ce qui lui fait du bien, détecter le danger, qu’il ait la volonté de réaliser ses rêves, d’affirmer ses opinions, d’être heureux. En un mot qu’il soit
E-PA-NOUI !


J’aimerais que les deux réponses soient compatibles. J’aimerais pouvoir avoir une vie simple au présent et un enfant épanoui dans le futur. Plus j’avance, et plus c’est évident pour moi que non, ça n’est pas compatible. Du moins pas dans le rythme de vie que nous nous imposons aujourd'hui.

Un enfant docile et obéissant ne peut pas devenir un adulte indépendant.
Un enfant que l’on possède comme un trophée ne peut pas devenir un adulte qui saura faire ses propres choix et affirmera ses opinions.

La recette pour obtenir un enfant "saaage" (qui corresponde à la réponse A), c’est de le dresser. Ce qu’aujourd’hui on appelle « éduquer » son enfant.
Et encore je dis « dresser », comme l’on dresse un animal, mais sachez qu’en France, au moment où j'écris ces mots, la loi interdit la violence contre les animaux de compagnie, alors qu’elle n’interdit aucune violence à visée "éducative" contre les enfants.

La violence éducative c’est quoi ?
Il s'agit ici de la violence "qui laisse des traces". Celle qui est condamnée par la loi.
Pour mémoire, vous pouvez visionner l'émission "Parents criminels, l'omerta Française" depuis l'émission InfraRouge de France 2 du 22/04/2014 :



Personnellement, je souhaite plutôt vous parler de l'autre violence, la maltraitance, celle qui ne laisse aucune trace physique. Celle qu'Alice Miller appelle "La pédagogie noire". Celle qui a souvent une visée éducative.

Il s'agit de tous les actes ou paroles qui sont dommageables à l'enfant et à l'adulte en devenir. En voici une liste non exhaustive :
  • la moquerie : "tu vas vraiment sortir habillée comme ça ?"
  • la violence physique : fessées, gifles, pincements, tape sur la main, sur la tête ou sur toute autre partie du corps...
  • la violence sexuelle
  • la punition : "pas de jeu vidéo pour toi ce week-end !"
  • l'humiliation : "mais qu'il est con ce gosse !"
  • l'indifférence : faire comme si l'enfant n'est pas là tant qu'il n'a pas fait ce que vous lui demandiez
  • la culpabilisation : "tu penses vraiment que je n'ai que ça à faire ? Nettoyer tes bêtises ?"
  • la responsabilisation démesurée : quand l'enfant devient le parent de son parent
  • le time-out : "va dans ta chambre réfléchir à ce que tu viens de dire !"
  • la négation des sentiments : "mais non tu n'as pas mal, c'est pas grave".
  • le chantage : "tu auras du dessert quand tu auras fini ton assiette !".
  • le chantage affectif: "tu ne voudrais quand même pas me rendre malheureuse ?".
  • la menace : "tu vas voir quand ton père rentrera !"
Évidemment, nous sommes aujourd'hui des virtuoses en matière de combinaison de violences. Par exemple :

parent : gifle (violence physique)
enfant : pleure
parent : "tu l'as bien mérité celle là !" (culpabilisation)
enfant : crie
parent : (la main levée) "t'en veux une autre ?" (menace)
enfant : pleure plus doucement
parent : "comme si je t'avais fait mal !" (négation des sentiments)
enfant : "oui tu m'a fait mal !"
parent : "Arrête de geindre, t'es vraiment qu'une chochotte !" (humiliation)
enfant : pleure
parent : (renversant sa tasse) "tu vois ce que tu me fais faire ?" (culpabilisation)
enfant : crie
parent : "va dans ta chambre immédiatement !" (time-out)


Cette violence endommage les enfants. Tous les enfants, ceux d'hier, d'aujourd'hui ou de demain. 
Dans le monde entier. Cette violence endommage l'humanité et le monde que nous construisons ou celui que nous aimerions construire.


Que dit la loi en France aujourd’hui ?

A l'heure où j'écris ces mots, dans 23 des 27 pays européens, les châtiments corporels sur les enfants sont illégaux.
En France, la loi puni toute violence faite sur les adultes, ou sur les animaux de compagnie. Par contre elle laisse un "droit de correction" aux parents envers leur progéniture, à des fins éducatives.

Cherchez l'erreur...

Et malheureusement 85% des parents français utilisent ce droit de correction, dont plus de 50% sur des enfants de moins de 2 ans.

Un espoir cependant, en juillet 2014, un père a été condamné par la loi à cause d'une fessée "cul nu" donnée à son fils de 9 ans qui le boudait depuis plusieurs jours. Il est possible que cette décision fasse par la suite jurisprudence. Dommage que la peine n'ait pas été la participation à des ateliers de parentalité plutôt qu'une amende...

Bref historique des droits de l'enfant

Jusqu'en 1980, aucun enfant n'était maltraité en France. 
Comment ? Ai-je bien lu ? Oui oui, vous avez bien lu. Les martinets, ceinturons et autres joyeusetés réservées aux enfants de l'époque était considérés comme outils pédagogiques (!) et aucune maltraitance n'a été enregistrée jusqu'alors.
1980, rendez-vous compte, c'était hier ! J'étais même née, c'est dire !

En 1977, est créée la Fondation pour l'Enfance. C'est elle qui la première commence à répertorier les violences faîtes sur les enfants.
Justement sur son site, voici un petit historique des droits de l'enfant. On y apprend notamment qu'"infans", origine du mot "enfant", signifiait "Celui qui ne parle pas". Cela résume bien l'idée que l'on s'est faite dans notre société de l'enfant à travers les âges et jusqu'à ce que la convention internationale des droits de l'enfant voit le jour le 20 novembre 1989.

(à suivre...)

Et bien sûr, nous verrons comment faire autrement...



mardi 17 février 2015

Il me cherche !

Aujourd'hui j'ai eu le plaisir d'écouter Isabelle Filliozat via le site Apprendre à éduquer qui publie chaque semaine des articles très intéressants.
Dans cette interview de Sud radio, Isabelle présente la trame de son nouveau livre "Il me cherche".



Pour les parents d'enfants entre 6 et 11 ans, comme moi, je pense que ce bouquin va être une mine d'information ! Ce qui le différencie des autres livres sur l'enfance, c'est qu'Isabelle met un point d'honneur à expliquer le fonctionnement neuronal des enfants et donc montre comment s'adresser à ses enfants pour, par exemple, capter leur attention.

Je vous laisse donc en bonne compagnie :-)
 

lundi 9 février 2015

Je n'en peux plus...

Parce que la vie d'un parent bienveillant n'est pas une mince affaire, parce que parfois c'est trop dur, cela demande trop de ressources, parce qu'on en peut plus, voici un vidéo sur le burn-out maternel (et pourquoi pas paternel ?).

Comme dit le proverbe africain :
"Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village"
Cela signifie qu'un enfant se nourri non seulement de la relation à ses parents, mais aussi de la relation avec tout son entourage.
Pour moi, ce proverbe a une autre signification : aujourd'hui les parents sont souvent seuls pour élever leurs enfants. Les grand-parents sont loin, les amis débordés eux aussi. Et il arrive même que dans un foyer les adultes soient en minorité. 
Il faut tout un village pour élever un enfant, mais combien pour en accompagner deux, trois, quatre voire plus ?

Cette maman résume bien ce qui nous arrive, quand, dépassés, nous sommes au bord de la rupture :

vendredi 6 février 2015

Mange !

Aujourd'hui j'ai découvert avec émotion cette petite vidéo.
Je crois qu'un jour ou l'autre, tous les enfants découvrent que pour pouvoir manger de la viande, quelqu'un, quelque part, a dû tuer un animal. Comment réagir vis à vis de ces questions ? Un enfant végétarien peut-il grandir normalement ? Ne risque t-il pas d'être carencé ?
Si vous vous posez ce genre de question, vous trouverez sur le site de l'Association Végétarienne de France une mine d'information.

Je vous laisse en compagnie de Luiz, merveilleux petit bonhomme :

 

vendredi 9 janvier 2015

Tous responsables


Ce matin j'ai reçu dans ma boite mail les mots pour le dire. Merci Isabelle Filliozat pour cette Newsletter qui exprime exactement ce que je ressens depuis deux jours :


Vous pouvez retrouver Isabelle sur son site http://www.filliozat.net/ ou sur le site de son école, l'EIREM : http://www.eirem.fr/

jeudi 8 janvier 2015

Au dodo les petits !

"Qu'il ne fasse pas ses nuits ... à la rigueur, mais qu'il nous laisse faire les nôtres !"
Guide de survie à l'usage des parents

Voilà un moment où il est bien difficile de rester "bienveillant" : au moment du coucher.
Votre enfant ne dort pas ? Il est fatigué, ronchon le soir ? Il mange peu ou mal ? Le repas du soir est une vraie calamité ?

Vous souhaitez qu'il s'endorme en 5 minutes, autour de 20h et se réveille le lendemain à 7h frais et dispo sans vous avoir dérangé une seule fois la nuit ? 
Vous avez envie d'un enfant en pleine forme la journée, qui mange, le teint frais et la mine réjouit ?
Et surtout vous cherchez à rester bienveillant, sans élever la voix, sans le laisser pleurer seul, sans même peut-être renoncer au co-dodo qui vous est cher et sans utiliser de sirop dors-bien, hein, ni de tranxène ...
Bon et puis, fait non négligeable : vous voulez dormir vous aussi. 


Que votre enfant soit petit ou grand, vous avez peut-être cliqué sur le bon lien. 

Chez nous, nous avions essayé beaucoup de choses :
Avec l’aîné, quand il était tout petit, ce fut de le laisser pleurer, sur les conseils de notre entourage. Au bout de trois quart d'heures horribles et d'un gros vomi (literie à changer, pyjama, etc) nous avons récupéré un enfant complètement paniqué et absolument pas près à dormir et des parents jurant qu'on ne les y reprendrait plus. Il a finalement fait ses nuits à 6 mois, ce que, à l'époque, je trouvais tard (rire).
Avec le second nous avons "lâché-prise" et consolé, câliné, usé notre énergie à force de peu de sommeil. Il a dormi de vraies nuits (c'est à dire 3 nuits d'affilées de 20h30 à 7h sans aucun réveil) à 5 ans, c'est à dire 2 semaines avant la naissance de sa sœur. Je me souviens de périodes où il se réveillait chaque nuit au moins 4 fois. Nous avons testé plein de méthodes douces, et nous nous sommes relayés. Nous avons tenu, à la force de notre mental.
Avec la petite dernière, au bout d'un an et demi sur ce rythme, je voyais bien que nous ne pourrions pas aller plus loin sans faire de vrai dégâts familiaux.

Clairement nous avions un problème. Mais vu le besoin (voir plus haut), les méthodes ne sont apparemment pas légions...

J'ai d'abord été tentée par la méthode Pantley, avec son livre "Un sommeil paisible et sans pleurs". 
Synthétiquement, il s'agit de 
- établir un planning (ce que l'on souhaite)
- utiliser un rituel du coucher avec apaisement de l'ambiance le soir avant d'aller au lit
- noter assidûment sur une fiche les différents heures de réveil nuit et jour et les rituels utilisés.
- à chaque réveil, rendormir son enfant de la méthode la moins proche de vous, et si ça ne fonctionne pas, le rapprocher (par exemple bercer son bébé, s'il ne s'endort pas au bout de 20 minutes ou si ses pleurs augmentent le mettre au sein / le caresser dans son lit, s'il ne s'apaise pas le bercer / etc). Ne pas le laisser s'endormir tout à fait et le poser dans son lit juste avant. S'il pleure à nouveau, recommencer, etc...
- voir la quantité de sommeil de son bébé augmenter grâce aux fiches, tous les 10 jours.

Cette méthode n'a pas fonctionné chez nous pour plusieurs raisons :
- la principale, c'est l'épuisement et l'envie de voir mon bébé se rendormir vite vite. 
- avec trois enfants, l'ambiance du soir est toujours festive. C'était impossible pour nous, sans mettre les deux grands en pension, d'avoir une ambiance calme.
- le temps qu'elle prend et surtout la durée. 

Et puis, merveille des merveilles, nos amis Alexandre et Elsa nous ont mis entre les mains ce bouquin : "Au dodo les petits" d'Anna Wahlgreen. (Oui d'ailleurs, je n'oublie pas de vous le rendre, non non). C'était le 2 novembre 2014 exactement.


Ça semblait trop beau pour être vrai.  

Et pourtant, nous sommes passés de :
  • un endormissement en minimum une heure et demie (20h30 - 22h), en restant allongé près de notre enfant
  • quatre réveils nocturnes dont un avant minuit, rendormie au sein systématiquement.
  • un réveil final vers 6h
  • une sieste de 30 minutes à une heure maximum
(soit 8h à 9h de sommeil par jour à 20 mois)
à
  • un endormissement en 15 minutes (voire 2 minutes quand le second reste dans la même pièce à dormir avec elle) à 20h30
  • plus aucune soirée avec réveil dès le début 
  • des nuits jusqu'à 7h30 avec 1 seul réveil rendormie facilement (en général)
  • un arrêt complet de l'allaitement nocturne sans problème
  • une sieste de 1h30 avec parfois un réveil au milieu.
 (soit 12h30 de sommeil par jour aujourd'hui à 22 mois)

Et ce rythme a pu reprendre normalement après une roséole et une grippe (40° pendant 3 jours).

Le plus : à présent n'importe qui peut l'endormir, et n'importe où pour peu qu'on respecte l'horaire.

Franchement, nous revivons. Nous étions tous épuisés. Et puis pouvoir passer des soirées en amoureux, sans être dérangés, sans stresser, et sans garder le babyphone à proximité... j'en ai révé, Anna l'a fait !

Alors vous allez me dire, mais comment fait-on ?

D'abord, il faut se procurer le livre, directement sur le site d'Anna (je ne l'ai pas trouvé en vente ailleurs à un prix raisonnable). Livraison comprise cela revient à 25.18€.

Ensuite il s'agit de le lire et le relire (personnellement je l'ai lu 3 fois en un mois).

Voici ce qui me semble être les fondations de la méthode (des découvertes pour moi) :

La sécurité

Un petit chat appelle fort sa mère. Sa mère vient et l'emporte dans sa gueule. Quel a été son ressenti de chaton ? "J'ai senti un danger, maman est venue, elle m'a sauvé."
Un bébé pleure dans son berceau. Sa mère vient et le prend dans ses bras. Quel a été son ressenti d'enfant ? "J'ai senti un danger, maman est venue, elle m'a sauvé."

L'enfant assimile rapidement son lit à un lieu dangereux, puisque maman ou papa vient toujours le "sauver" . 
Cette vision des choses a été capitale dans ma façon de gérer l'endormissement. Car il est bien évident que le lit de notre enfant n'est pas dangereux ! Il est normal et compréhensible qu'un enfant seul dans une chambre sombre prenne peur, mais il n'est pas normal que nous leur laissions croire qu'ils sont effectivement en danger ! Notre job est bien de leur faire sentir que tout va bien au contraire, non seulement à travers nos mots, mais aussi par nos actes.

L'attitude d'évidence

La nuit rien ne se passe. C'est l'attitude qui garantie la sécurité à l'enfant. Quand on est convaincu que la nuit on dort et que rien d'autre ne peut arriver, lorsque l'on est calme nous même, alors l'enfant peut trouver son sommeil lui même et dormir paisiblement. Et se rendormir seul quand il se réveille, puisqu'il est en sécurité dans cette chambre.

Les besoins de sommeil

Dans le monde de "l'alternatif" depuis longtemps, j'avais fini par me convaincre qu'un enfant qui ne dort pas, c'est un enfant qui n'a pas sommeil. Et que ma fille était une "petite dormeuse".
J'ai découvert, en comparant son temps de sommeil avec ce qui est prévu dans les livres qu'il manquait à ma fille près de 4h de sommeil par jour.
Comment un enfant peut-il se développer convenablement dans de telles conditions ?

Des bénéfices collatéraux inattendus

Dans son livre, Anna explique qu'un enfant qui dort mieux va tout d'un coup voir son appétit augmenter, ses acquisitions faire un bond, sa croissance s'accélérer. Cela semble des plus logique et nous avons pu le vérifier (ainsi que "le rose au joue" dont elle parle également).
Elle indique aussi, et là j'étais plus sceptique, qu'un enfant qui commence à dormir correctement va tomber malade, car son corps, trop fatigué jusqu'alors pour faire son travail d'élimination, va tout à coup avoir de l'énergie pour faire une grosse fièvre. Nous avons pu aussi le vérifier ! Roséole, grippe = petites nuits, petits appétits...
Et enfin, encore plus étonnant, des parents qui dorment tout à coup des nuits entières vont être en mode zombie pendant deux à trois semaines. Là je pense que c'est notre entourage qui pourrait témoigner :-)

Vous pouvez lire la présentation de la méthode ici, et je vous propose une synthèse de ce que nous appliquons à la maison ci-dessous.



Le déroulement d'un accompagnement du soir :

  • il est l'heure d'aller au lit (20h15), nous avons notre petit rituel brosse-à-dent-histoire-bisous-à-tout-le-monde.
  • nous montons dans notre dortoir.
  • nous faisons le jeu de la pizza, une bonne partie de rigolade, avec ou sans ses frères qui parfois se joignent à nous attirés par les rires (5 minutes)
  • puis nous éteignons la lumière (je laisse une petite veilleuse, contrairement à ce que la méthode recommande, pour son frère qui reste souvent avec elle)
  • je le couche ou elle se couche toute seule sur son oreiller sur le "matelas des enfants"
  • je pose mes mains en éventail sur elle (son dos ou son ventre en fonction de comment elle s'est couchée, directement ou sur la couverture)
  • je compte 10 secondes, un appui ferme, je me lève et je sors en disant "Bonne nuit, à demain" et en refermant la porte derrière moi. 
  • Invariablement elle râle.
  • je redis 3 fois "Bonne nuit, à demain". C'est la comptine dont parle Anna dans son livre. Il est 20h30.
  • au début, elle pleurait, se levait, venait derrière la porte.
  • alors je lui resservait la comptine (les 4 vers). Un grand moment de silence puis à nouveau je disais la comptine en fonction de ses "questions" ou de sa "colère".
  • confirmation, une dernière fois "Bonne nuit, à demain".
La comptine sert à dire à l'enfant (grâce au ton que l'on emploie) "tu es en sécurité, tout va bien, je suis juste là, je reste avec toi et je vais t'accompagner jusqu'à ce que tu t'endormes". Et une fois qu'il fait silence et qu'on sent que le sommeil arrive, on lui ressert la comptine. Les premières fois ça le réveille, il réagit à nouveau, mais c'est important de le faire pour dire "maintenant que tu as trouvé le calme, je retourne à mes activités, je ne serais plus derrière la porte". C'est comme ça que je l'ai ressenti et j'ai eu l'impression d'être honnête avec ma fille.
En comparaison, avant je restais près d'elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme, et partait sur la pointe des pieds... du coup elle se réveillait en panique en constatant que je n'étais plus là.

La première fois, je suis restée 45 minutes derrière la porte. Elle s'est levée plusieurs fois, et à ma grande surprise est retournée se coucher d'elle même jusqu'à trouver le sommeil. Bien sur elle s'est mise en colère, a beaucoup pleuré, mais j'étais là, près d'elle, et ce que je disais semblait faire "effet" puisqu'elle se taisait quand je disais la comptine. Je n'ai jamais eu l'impression de l'abandonner. 
La méthode indique que l'on peut entrer sans un mot, recoucher l'enfant, repositionner les mains et recommencer si vraiment on sent qu'il est "triste". Mais je n'ai pas ressenti l'envie de le faire.

Les fois suivantes ont été plus courtes et en 10 jours nous ne la couchions plus qu'en 15 minutes maxi (même pas le temps de lire une BD assise devant la porte !)

La méthode est très complète et explique beaucoup de cas particuliers et normaux. Par exemple vous pouvez l'utiliser avec un lit à barreau classique, et rester dans l’entrebâillement de la porte de façon à ce que votre enfant ne vous voit pas mais voit la lumière du couloir par exemple. Il ne doit pas pouvoir venir vous rejoindre, c'est pourquoi chez nous, nous avons choisi de fermer la porte.

Anna indique qu'on ne peut pas l'utiliser avant l'age de 4 mois. En effet, entre 0 et 4 mois, l'enfant est trop petit et à un grand besoin de contact et de peau à peau. Il ne peut pas dormir toute un nuit sans manger également.

Je partage cette découverte avec vous car je pense que nous avons tout à gagner à sa diffusion. Nous méritons tous un sommeil réparateur : enfants, parents. Et nos enfants méritent aussi d'avoir des parents pleins de ressources et de créativité, d’enthousiasme et de joie. Tout ce à quoi contribue un sommeil de qualité.

Alex, Elsa, merci de tout cœur d'avoir sauvé nos nuits !


Addendum du 08/11/2016 : Eric Viard et son équipe viennent de rééditer le livre qui était épuisé, il est désormais disponible sur www.biovie.fr et ils ont aussi ouvert un groupe fb sur le sujet : https://www.facebook.com/groups/1165163280186519

Addendum du 12/12/2016 : Sarah Bussenot propose un livret d'une quizaine de page qui reprend les étapes évoquées dans "For the Love of Children" et "Au dodo les petits". 

Elle y présente "Le modèle Standard". 
"Le but est de permettre à n’importe qui de se faire une idée sur la philosophie d'Anna et de présenter le modèle standard de manière très concrète."
Merci à elle pour ce travail !